Éditorial
Éditorial 2026

Irena Bilic
Fondatrice, réalisatrice et Déléguée générale
Thème : Géographie et esthétique
Chers amis, cinéastes et spectateurs, chers partenaires,
L’Europe autour de l’Europe 2026 présente 86 films de 36 pays, en plusieurs sections. Les axes principaux de la programmation de cette 21ème édition : le festival se joint aux hommages et à la célébration de l’oeuvre de Théo Angelopoulos, de Claudia Cardinale, d’Andrzej Wajda et de Frederick Wiseman, qui vient de nous quitter ; les cinéastes font un tour du monde sous la bannière « Géographie et esthétique » pour retourner à l’intarissable thème de la famille ; un magnifique florilège de court-métrages, bien plus nombreux que lors des éditions précédentes fête la jeune création.
« Le voyage des comédiens est l’un des grands moments de ma vie de cinéphile, dit Michel Ciment dans un de ses entretiens avec N.T.Binh (Le cinéma en partage, Rivage, Paris 2014), c’était à la Quinzaine des réalisateurs, au festival de Cannes en 1975, où le film avait été refusé pour la compétition. … Et Pierre-Henri Deleau, beaucoup plus jeune et amateur de formes nouvelles, a évidemment su en tirer avantage, puisque la Quinzaine a été créée en 1969 et, pendant des années, a contribué à lancer de nombreux cinéastes importants. … Le film commençait à 10 heures du soir, durait quatre heures. Il s’est terminé à 2 heures du matin, avec une ovation de vingt minutes. Personne n’avait quitté la salle. Un chef-d’oeuvre, bouleversant à la fois dans son émotion, dans sa distanciation brechtienne et dans la photo sublime d’Arvanítis. »
Un texte, prétexte pour remercier encore Michel Ciment et Pierre-Henri Deleau qui ont publiquement, activement et ouvertement soutenu L’Europe autour de l’Europe depuis les débuts ; et Georges Arvanítis qui viendra présenter le Voyage au cinéma Le Studio des Ursulines qui fête ses 100 ans d’existence. Cendre et diamant, à l’occasion du centenaire d’Andrzej Wajda, nous rappelle qu’il n’y a que la guerre et que l’après-guerre et que l’existence humaine est fondamentalement tragique puisque l’homme répète éternellement le même cycle.
Dans nos trois sections de compétitions deux grandes orientations se dégagent. Un regard global, panoramique sur le monde en tant qu’espace géométrique, géographique et géopolitique avec au centre la figure humaine agitée, nerveuse et impuissante. Et un autre regard qui, inlassablement, examine le noyau familial, le lien le plus fort au monde avec les personnes qu’on ne comprendra jamais.
Ce qui est beau et ce qui les distingue, lorsque je regarde a posteriori ce florilège de films 2026, c’est la sincérité de la motivation des auteurs, et le talent, parfois allié à une connaissance et expérience approfondies de la pratique cinématographique, et parfois une forme d’éclair. Aussi, l’effort formel délibéré et essentiel appelle le grand écran.
Les cinéastes ne fuient pas la réalité. Chaque film est une affirmation, une prise de position sur l’état du monde, l’amour, la liberté ou la justice. Ou une prière. La poésie pose encore difficulté à l’intelligence artificielle, pour l’instant. En ce sens, je recommande chaleureusement la lecture du Roman de quat’sous de Bertold Brecht (Dreigroschenroman), qui est certainement pour quelque chose dans la sélection de cette année.
Nous souhaitons ce festival sous le signe de la joie, de la beauté, des rencontres qui vont durer et des projets à naître.
Pour célébrer le cinéma et le printemps.
Belles projections, belles rencontres !







